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De bûcheron à abatteur : l’appel de la forêt

Mis à jour : août 21


On les surnomme aujourd’hui des « abatteurs manuels d’arbres », mais pendant longtemps, le terme « bûcheron » suffisait amplement pour décrire ces hommes forts et intrépides. Ils se sont enfoncés toujours plus loin dans les grandes forêts du Québec, coupant un matériau essentiel au développement économique, poursuivant la tradition des coureurs des bois qui ont sillonné l’Amérique du Nord dès la fondation de la Nouvelle-France.  

L’image – voire l’étiquette! – est tenace lorsqu’il est question de ce pan important du passé des Québécois. Dans les années 1950, on pouvait compter jusqu’à 120,000 hommes qui coupaient, sciaient et transportaient le bois vers les grands centres urbains. Et parfois dans les pires conditions, comme on peut le voir dans ce célèbre court métrage documentaire d’Arthur Lamothe, Bûcherons de la Manouane (1962).  


Ce travail dur et harassant, isolé de tout et de tous n’était pas nécessairement un appel de la nature, mais souvent le seul moyen de survie pour des gens peu instruits et peu fortunés, vivant dans des camps où le confort était, disons-le, minimal. Des conditions de vie, punaises de lit comprises, qui forgent le tempérament, et insufflent aussi un sentiment de liberté, car beaucoup d’hommes, après un repos bien mérité, reprenaient régulièrement le chemin des forêts enneigées.    


Au fil des décennies, la hache, les chevaux et la drave (les billots de bois flottent dans les rivières jusqu’au moulin à scie ou à la papetière) ont peu à peu été remplacés par la scie à chaîne, le chemin de fer, le tracteur, le camion, et l’abatteuse-tronçonneuse. Ce qui a rendu l’industrie forestière plus performante, plus prospère, mais faisant en sorte que les compagnies doivent aller toujours plus au nord pour recueillir la précieuse matière, ce qui entraîne des coûts importants, et provoque de nombreux impacts écologiques, dénoncés par les cinéastes Robert Monderie et Richard Desjardins dans le documentaire L’erreur boréale (1996)


Ce qu’il reste du bûcheron 

Entre la barbe (qui tenait le visage bien au chaud) et la chemise à carreaux (facilement visible dans la forêt), quel héritage reste-t-il du bûcheron d’autrefois? Au-delà de l’image mythique du célèbre Jos Montferrand (1802-1864) – on comparait sa force à celle d’Hercule! -, l’appel de la forêt continue d’être entendu, chaque année, par des milliers de Québécois amateurs de chasse, de pêche et de plein-air. Longtemps un rituel réservé aux hommes, il était un moment privilégié où l’alcool coule souvent à flots et le langage se révèle un peu « coloré ». Ce qui n’empêche pas les femmes de prendre leur place (elles ont même leur page Facebook ), et d’y prendre autant de plaisir, contrairement à l’époque des camps de bûcherons, l’équivalent des tavernes!

Rituels, histoires et autres mythes  

Pourquoi les récits de chasse et de pêche sont-ils si exagérés? Parce que les témoins sont peu nombreux, l’alcool coule souvent à flot (ce qui embrouille la mémoire, et la rend sélective), et qu’il faut parfois justifier à sa famille une chasse improductive, ou une pêche pas si miraculeuse. D’où les poissons aussi gros que des baleines, des chevreuils aux allures de dinosaures, et des ours qui auraient pu jouer dans un film de Jean-Jacques Annaud. Dommage, le téléphone était au chalet… C’est d’ailleurs pourquoi il ne faut pas s’étonner de voir des panaches d’orignal fièrement placés sur le toit d’une camionnette : c’est la preuve ultime que la chasse fut bonne!  


C’est d’ailleurs ce qui explique les multiples photos de pêcheurs, bien assis dans leur chaloupe ou devant leur campement, exhibant fièrement leurs prises : l’éblouissant doré jaune (très présent partout en Amérique du Nord),  la splendide ouananiche (ou saumon de l’Atlantique),le grand brochet (surnommé le requin d’eau douce).  


Certaines traditions vestimentaires en étonnent plusieurs, de l’incontournable chemise à carreaux (pour se confondre avec les couleurs de l’automne) au gilet réfléchissant jaune ou rouge. Vous n’allez pas à un défilé de mode : informez-vous auprès de chasseurs aguerris pour choisir la bonne tenue. Et n’oubliez jamais que les animaux ont l’odorat aiguisé : ils sentent votre lotion après-rasage, et le savon à lessive sur vos vêtements!  

Envie d’aventure et de plein-air? Les possibilités ne manquent pas :

1)  On compte ici plus de 500,000 chasseurs (détenteurs de permis d’armes à feu) 

2)  L’orignal est l’animal le plus prisé, traqué par plus de 170,000 chasseurs, comparativement au caribou, environ 1000. 

3)  Le Québec est délimité en 28 zones de chasse  

4)  500,000 lacs et 4500 rivières tapissent le Québec  

5)  En plus des lacs et des rivières, si l’on tient compte des mares et des étangs, on dénombre près 3,6 millions de plans d’eau douce, d’une superficie d’environ 207,500 km2  


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